(Obsession) la bouche d’Adèle

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Ces derniers temps, les médias parlaient en boucle de la Palme d’or 2013. Avant même sa sortie, le film annonçait déjà la polémique non pas par son contenu mais par les soi-disant méthodes de travail pas très éthiques du réalisateur. Actrices poussées à bout, des scènes tournées et retournées à répétition jusqu’à épuisement en quête de perfection, de possession et d’abandon total à leur rôle. Un dur travail donc récompensé par la Palme d’or du Festival de Cannes triplement décernés. « Un beau travail d’équipe » dira Kechiche lors de la conférence de presse qui succéda à la joie et aux larmes des trois héros montés sur scène pour récupérer le fruit de leur labeur. Mais la suite nous dira que Kechiche et Sedoux sont passés de l’amour à la haine en l’espace de quelques mois de promotion du film. Elle lui reproche sa dureté, lui son immaturité et ses caprices d’actrice « fille de ». La Palme est donc bafouée tout juste avant sa sortie ce qui heureusement, ne m’a coupé l’envie d’aller le voir. Je me suis donc postée, jour officiel, devant la salle pouvant accueillir 300 personnes qui d’ailleurs m’a semblé être pleine. Et j’ai attendu le début du film avec une certaine hâte et surtout beaucoup de curiosité. 3h après… j’en suis ressortie chamboulée. 3h de gros plan, de séduction, de larmes, de déchirements, de passion mais surtout 3h d’Adèle, de son corps voluptueux et de sa BOUCHE pulpeuse à souhait. On en oublie presque que c’est normalement Léa Sedoux le canon des couvertures de magasine. Adèle est donc au lycée, cette fameuse période de notre vie de doutes où l’on se cherche. Après une expérience ratée avec un garçon, elle croise le regard d’une fille à la chevelure bleue et se met à fantasmer sur cette créature. Et à la chercher dans les bars gay. Jusqu’à ce qu’un soir, la rencontre. Celle qui va changer sa vie. Mais pas sa vision des choses. Car Adèle vient d’un milieu populaire et n’aspire « que » à être institutrice. Un manque d’ambition selon Emma, étudiante en 4ème année aux Beaux-Arts dont l’homosexualité n’est absolument pas un tabou dans sa famille issue de milieu aisé. Ce clivage social se fera ressentir tout au long du film et sera en partie le déclencheur de la séparation. Les actrices nous séduisent à coup de sourires mais aussi de grosses larmes. Leur regard est intense et leur amour passionnel. Elles nous font partager, un peu forcé, leurs moments de plaisir charnel et leurs orgasmes multiples. Les corps s’entremêlent et ne font plus qu’un. Des rafles de plaisir, des soupirs, du plaisir encore, ça ne s’arrête plus. Ça gêne un peu mais c’est sensuel. Mais quand même dans un coin de notre tête on se demande comment elles sont parvenues à tourner une scène pareille ! Natures sensibles s’abstenir. Ce n’est pas un film tout public, loin de là. Deux femmes très agaçantes assises à coté de moi ont pouffé de rires nerveux tout le long et ont juste lâché un “c’est nul” au générique ce qui m’a donné envie de leur arracher les yeux. Il faut y aller sans appréhension et l’esprit ouvert et se laisser porter par l’intensité et l’authenticité du jeu des actrices surdouées, Léa et Adèle.

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