Under the skin

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Under the skin is the movie to watch this month. Don’t read the bad reviews, listen to your ignorant friend and then decide not to go; make your own opinion! Of course, if you are a sensitive person, it might not be the right movie for you since it has a warning mention.
Directed by Jonathan Glazer, the movie was filmed in Scotland, which is already a surprising choice of scenery. It has nothing to do with the kind of movie you’re used to see Scarlett playing in.
Scarlett Johansson is not only beautiful and sexy; she is remarkable in her role and goes unnoticed with her brunette wig, driving a van in the streets of Glasgow. The originality of the movie: most of the scenes were filmed totally improvised, with a hidden camera. Scarlett is asking her way to totally random passerby that have no idea that a movie is being filmed with an American superstar right under their noses.
The movie dresses a realistic portrait of Scotland and does not show its most glamorous appeal. Working class living in shady suburbs, solitude… It is science fiction, but not futuristic. A girl, driving a van, hails at men walking alone and offers them a ride. Easily seduced, they follow her in the darkest place and, just when they took off all their clothes, they are being caught in some moving ground and disappear under the surface… this ritual repeats itself with an extraordinary soundtrack and nurtures a mystery: what’s the fate of her victims?
As we go along, Scarlett Johansson that was originally very “empty” (and mysterious), start filling herself with emotions and a sense of humanity. She leaves the city to wander around the very wild nature of Scottish lands… the waves of a destructive sea, the immensity of an enchanting forest… towards a very tragic faith.

under_the_skin_stills.173135-1024x576 Under the Skin

Under the skin est le film à aller voir ce mois-ci. N’allez pas lire les mauvaises critiques, n’écoutez pas votre ami ignorant pour ensuite décider de ne pas y aller ; faites-vous votre propre opinion ! Bien entendu, si vous êtes de nature sensible, il est possible que ce film ne soit pas fait pour vous car il a un avertissement.

Réalisé par Jonathan Glazer, le film a été tourné en Écosse, ce qui est déjà un choix de décor surprenant. Cela n’a rien à voir avec le genre de films dans lesquels vous avez l’habitude voir jouer la divine Scarlett.

Scarlett Johansson n’est pas seulement belle et sexy ; elle est remarquable dans son rôle et passe inaperçue avec sa perruque brune, au volant d’un van, dans les rues de Glasgow. L’originalité du film : la plupart des scènes ont été totalement improvisées en caméra cachée. Scarlett demande son chemin à des passants au hasard qui n’ont pas la moindre idée qu’un film est entrain d’être réalisé avec une superstar américaine juste sous leur nez.

Le film dresse un portrait réaliste de l’Écosse et ne met pas en avant ses atouts les plus glamour. Classe ouvrière résidant dans des banlieues glauques, solitude… c’est de la science-fiction, mais pas futuriste. Une fille étrange au volant d’un van interpelle des hommes qui marchent seuls et leur propose de les conduire. Facilement séduits, ils la suivent dans les recoins les plus obscurs et juste au moment où ils ont retiré tous leurs vêtements, ils sont happés par un sol mouvant et disparaissent sous la surface… ce rituel se répète avec une bande son incroyable et nourrit le mystère : quel est le destin de ces victimes ?

A mesure que le film avance, Scarlett Johansson, à l’origine très « vide » (et mystérieuse), commence à se remplir d’émotions et gagne un sens d’humanité. Elle quitte la ville pour s’aventurer dans la nature sauvage des paysages écossais… les vagues d’une mer destructrice, l’immensité d’une foret enchantée… vers une destin tragique.

Tristesse Club

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Vous cherchez un bon film à aller voir au ciné ? “Tristesse Club” est LA comédie sensible et indé du moment. Tant par le lieu de tournage atypique – la région Rhônes-Alpes et les paysages de Savoie – que par ses performances d’acteurs incroyables: Laurent Lafitte, parfait dans son rôle d’ex-champion de tennis raté, un séducteur beauf qui n’a pas un rond; Vincent Macaigne, fondateur d’un site de rencontre lui-même timide maladif qui n’arrive pas à parler aux femmes et Ludivine Sagnier, égale à elle-même, séductrice hors pair avec ce petit je ne sais quoi qui la rend irrésistible! Le scénario: Deux frères, Léon et Bruno, aux caractères diamétralement opposés se retrouvent dans leur ville natale pour assister aux funérailles de leur père. Là ils font la rencontre de Chloé qui prétend être leur sœur et se retrouvent rapidement plongés dans une chasse au trésor à la recherche de leur paternel, plutôt disparu que mort, à fouiller dans les trames de leur passé maudis. Un récit drôle et inattendu bercé par une “humeur mélancolique”, telle une “poésie burlesque”. L’environnement est champêtre, l’endroit est désert; nos trois protagonistes ne croiseront que quelques chiens errants ainsi qu’une ex-maitresse hystérique (Noémie Lvovsky, géniale) abandonnée par un père coureur de jupons. Surprenant, rafraichissant, c’est un excellent moment de cinéma français que nous offre là le réalisateur Vincent Mariette.

En ce moment au cinéma.

 

Short Term 12 (States of Grace)

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Lately I only had truly great movie experience. It’s like a stream of awesomeness has been going on in the cinema industry. Short Term 12 is one of them. I already knew when I saw the trailer that it will be my kind of movie. Scenario: children with problems in a social care institution. There are high chances that my heart will break even though there is always a positive note in the end. The actors are “human” and not over acting it. One word: simplicity but also lots of feelings, smiles and tears alternatively. Children’s abuse is one of the toughest topics (I was completely upside down after watching “Polisse”) and automatically it touches you deeply and gets your full attention. In addition, it is played wonderfully and each actor adds its own story to the picture. Sad stories but no desperation here. The kids are going to be alright. At least that’s the goal that Grace is working hard every day to achieve. She’s this amazing woman that carries all the world’s miseries on her shoulders while still trying to figure out her own future in this mess. In fact, her childhood was not so bright either and it makes it difficult to consider building a “normal” life with her (cupcake maker) fiancé, may he be the sweetest and most comprehensive guy on earth. I don’t need to add more, I advise you to watch this little treasure as soon as possible!
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Ces derniers temps je n’ai eu que des bonnes expériences cinématographiques. C’est comme si un flux de génie s’était abattu sur les réalisateurs. States of Grace en fait partie. Je savais déjà en voyant la bande-annonce que ça allait me plaire. Le scénario : des enfants à problèmes encadrés dans un foyer. Voilà qui est parti pour me briser le cœur même s’il y a toujours une note positive à la fin. Les acteurs sont « humains » et ils ne surjouent pas. Un mot : simplicité. Mais aussi beaucoup d’émotions en alternant rire aux larmes. Le maltraitance des enfants étant un sujet particulièrement difficile (j’étais complètement retournée après avoir vu « Polisse »), le film capte toute votre attention et vous touche profondément. Magnifiquement bien joué, chaque acteur apporte son histoire au tableau. Des histoires tristes certes mais pas désespérées. Tout ira bien, les enfants s’en sortiront. En tous cas c’est dans ce but que Grace travaille d’arrache-pied tous les jours. C’est une femme merveilleuse qui porte toute la misère du monde sur ses épaules (c’est le cas de le dire) tout en essayant de construire son propre futur. En effet, elle non plus n’a pas eu une enfance facile. Voilà qui complique ses projets de vie avec son fiancé, aussi doux et compréhensif soit-il (il fait des cupcakes!). Je n’ai pas besoin d’en dire plus, je vous conseille juste d’aller voir ce petit trésor dès que possible !

 

My Sweet Pepper Land

Movie My Sweet Pepper Land

My sweet pepper land is the kind of movie that makes me love cinema. You don’t really know what to expect but based on comments and critics, it looks like you’re going to have a good time. Of course when it is labelled Festival de Cannes it is most likely a sign that it’s a very good movie as well. First of all, the setting is unusual because it takes place in Kurdistan (a sensitive region located somewhere between Turkey, Iraq and Iran (the story of Kurdish people is one loooong battle for independence and it is still today not resolved)). The country has been destroyed during civil war and some regions need assistance. This is why Govend (the school teacher) and Baran (the sheriff) have been sent to a small village, somewhere in the north, hidden behind mountains. There is not much here, one tavern, two telephones, and no electricity. People are still riding horses (!) and a tyrant is ruling the region, frightening people with a group of armed men, lawless. Baran is determined to put back order in the village and make people respect the laws. Hard work when the judge is corrupted! Govend, an educated independent woman, brings fresh air to the picture. She is absolutely beautiful, sweet and fearless. Everybody in the village wants her gone but she resists to attacks for the children’s sake and education. Funny fact, there is so sign of women during the entire movie but yet children are going to school… how did they arrive on Earth?! Journalists call it a “western burlesque”. The movie maker, Hiner Saleem, chose to show the movie in a funny way, less dramatic than it looks like. Because yes, men are “handling business” with guns and make money out of illegal meds trafficking. But the landscape is breathtaking, the pictures and the color shades are stunning and gives a magical feel to this wild field. And of course there is a little love story because hey, human have feelings after all!

My Sweet Pepper Land c’est un peu la raison pour laquelle j’aime tant le cinéma. Tu ne sais pas vraiment à quoi t’attendre mais si tu te fies aux avis et critiques, il semblerait que tu ailles passer un bon moment. Évidemment quand le film est labellisé Festival de Cannes c’est plutôt bon signe. Tout d’abord, le scénario est un peu inhabituel car ça se passe au Kurdistan (une région sensible nichée quelque part entre la Turquie, l’Irak et l’Iran (l’histoire du peuple Kurde est celui d’une loooongue bataille pour l’indépendance qui n’est toujours pas réglée)). Le « pays » a été détruit pendant la dernière guerre civile et certaines régions ont besoin d’assistance. C’est pourquoi Govend (l’institutrice) et Baran (le commissaire) ont été envoyé dans un petit village, quelque part dans le Nord, caché derrière les montagnes. Il n’y a pas grand-chose ici, une auberge, deux téléphones  qui fonctionnent grâce à un générateur. Les habitants se déplacent encore à cheval ( !) et un tyran règne sur le village, effrayant la population avec un groupe d’homme armé, sans foi ni loi. Baran est déterminé à remettre de l’ordre dans le village et veille à faire respecter les lois. Un travail perdu d’avance quand même le juge est corrompu ! Govend, une femme éduquée et indépendante, apporte de la fraicheur au décor. Une beauté perse troublante, douce et vaillante. Les gens du village veulent la chasser mais elle résiste aux attaques coute que coute pour le bien-être des enfants et au nom de leur éducation. Un fait intéressant, il n’y a aucune trace de femmes tout au long du film et pourtant des enfants se rendent à l’école… comment sont-ils arrivés ici ?! Les journalistes le décrivent comme un « western burlesque ». En effet, le réalisateur, Hiner Saleem, a choisi de tourner le film d’une manière comique et caricaturale, une façon de le rendre moins dramatique qu’il en a l’air. Car oui, les hommes règlent leurs affaires aux armes et se font de l’argent sur le dos des malades en revendant des médicaments périmés. Mais le décor est à couper le souffle, la photographie et les dégradés de couleurs sont magnifiques et donnent une allure magique à ce terrain sauvage. Et bien sûr il y a une petite histoire d’amour car hey, les humains ont des sentiments après tout !

On the road to Nebraska

Nebraska affiche film

If there is one thing I am certain is that 2013 has been a year of great cinema. I’ve seen many good movies and some excellent (Mud, Dallas Buyers Club, Her, La Grande Bellezza, The Broken Circle Breakdown, Blue Jasmine, Wadjda…). It has transported me places I’ve never seen before, made me feel deep emotions and often burst into tears (I am very sensitive!) So when Nebraska, several times nominated with main character, Bruce Dern, winner for Best Actor at the Festival de Cannes, came out in our Parisian cinemas, there was no doubt whether I should watch that movie or not.

Woody Grand is old and sometimes absent, but when he receives a letter saying he is the lucky winner of one million dollars, he only has one thing in mind: going to Lincoln (Nebraska) and collect its price. If his wife and oldest son think he is just senile and ready to be put in a home, the youngest, David, doesn’t feel that way and decide to help him in his crazy quest. On their way from Montana to Nebraska, they stop in the old man’s hometown to pay a little visit to the family. And it is quite a big clan! Quickly the big news is spreading into the small town that Woody won the jackpot and he becomes a true celebrity! In fact, it is the most exciting thing that has happened in town for a long time. But money also attracts its load of trouble and vultures start hanging around, friends and family asking for their shares. Except that Woody didn’t actually win anything, but he deeply believes in it and wants to follow its quest no matter what. Dad and son are starting to bound and the story takes a new side, one of a moving family story (and the mother’s play is majestic!). We are very far from glamorous Los Angeles or New-York setting, somewhere in the middle of the fields, where the economic crisis has left little hope to young people. Only the old farms remain with an aging population, often obese, alcoholic and very religious. An American bad dream portrait where family don’t talk much, eat their sandwiches in front of the TV and men will meet later at the tavern to drink up their sorrow. But there is still a positive message in that movie, one of a united family with strong values, hanging to what they believe in. Plus, the pictures in black and white are absolutely mind blowing. The American cinema has so much more to offer than just Hollywood.

S’il y a une chose dont je suis certaine c’est que 2013 a été une année positive pour le cinéma. J’ai vu beaucoup de bons films et certains même excellents (Mud, Her, Dallas Buyers Club, Alabama Monroe, Wadjda, Blue Jasmine, La Grande Bellezza…). J’ai été emporté sur des terrains inconnus, ai ressenti une cascade d’émotions et j’ai souvent fini en larmes (je suis une grande émotive!). Alors lorsque j’ai entendu parlé de Nebraska, nominé maintes fois aux Oscars et aux Golden Globes et dont l’acteur principal, Bruce Dern, a reçu le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes, il n’y avait aucun doute sur le fait que je devais voir ce film.

A première vu, Woody Grant est un vieil homme peu bavard, borné qui semble, par moment, avoir des absences. Mais lorsqu’il reçoit une lettre disant qu’il est l’heureux gagnant d’un million de dollars, il n’a plus qu’une chose en tête: se rendre à Lincoln (Nebraska) pour récupérer son pactole. Si sa femme (June Squibb) et son fils ainé (Bob Odenkirk) pensent qu’il est sénile et souhaitent le placer dans une maison de retraire, le plus jeune, David (Will Forte), ne l’entend pas de cette façon et décide de l’aider dans sa folle aventure. Sur la route qui les mène du Montana au Nebraska, ils s’arrêtent dans la ville où Woody a grandi pour rendre visite à sa famille (et quel clan!). Rapidement la nouvelle se répand dans la petite ville que le vieux Woody serait devenu millionnaire et il devient une vraie star locale! Et pour cause, il y avait bien longtemps qu’un tel évènement sorti de l’ordinaire ne s’était produit par ici. Mais l’argent attire aussi sa dose de contrariétés et, tels des vautours, amis et membres de la famille commence à s’accaparer le pauvre Woody pour lui soutirer leur part du gain. Seulement le vieil homme n’a rien gagné du tout même s’il est persuadé du contraire et rien ne pourrait l’arrêter dans sa quête. Le père et son fils finissent par tisser de vrais liens et le film prend une autre tournure dans la deuxième partie, celle d’une histoire émouvante de famille (et la mère joue exceptionnellement bien!). Nous sommes loin du glamour des décors de Los Angeles ou de New-York, quelque part au milieu des champs, où la crise économique n’a pas laissé beaucoup d’espoir à la jeunesse. Il ne reste que des fermes en ruine, la population est vieillissante, souvent touchée par l’obésité et l’alcoolisme, et bien ancrée dans la religion. Ici se dresse le portrait d’un mauvais rêve Américain où la famille, bien que soudée, parle peu, regarde ou contemple leur écran de télévision en mâchant un mauvais sandwich. Plus tard, les hommes iront se retrouver au bar pour noyer leur amertume dans l’alcool. Mais il y a quand même un message d’espoir dans ce film, celui d’une famille unie, attachée à leurs valeurs et à leurs croyances, ils s’autorisent même à rêver un peu. Il y a par ailleurs une magnifique photographie en noir et blanc et des plans fabuleux. La preuve que le cinéma américain a tellement à offrir et ne s’arrête pas seulement à Hollywood.

 

“Good morning Theodore!”

her_5085073 HER her-olivia-wilde “It’s a kind of form of socially acceptable insanity” – Her

Speechless. I felt so many different feelings while seating in my favorite dark room tonight. I already knew from friends’ feedback that it was a must watch but I didn’t know exactly how I would react to this unusual scenario. The movie takes place in a “looking-like-Shangai” Los Angeles setting with a majestic skyline and what seems to be a dense frog. Ok so the future will be polluted. What else? Oh, right, the clothes and the style in general. Very strange choice of Spike Jonze to dress the characters very old fashion, kind of throwback to the 70’s with lots of colors but in a monotonous way. Everybody is just dressed the same. No fashion in the future then. The furniture is not futuristic at all (good point) but rather minimalistic beautiful vintage. They don’t need much, just a bed and a computer. Actually they don’t even need a computer anymore because they have a little earplug constantly stuck in their ears (how annoying) that give them everything they need: weather forecast, emails reading, breaking news etc. and everybody just seems ISOLATED. Theodore (Joaquin Phoenix) has been antisocial for so long that he’s having sex phone with strangers when he can’t sleep and when he finally goes on an actual date with the gorgeous, cat-eyes, Olivia Wilde, he bails on her. What a creep! But a very sensitive one… he’s a writer; he writes beautiful letters and touches everybody around him. But he’s alone (divorced from beautiful, again, Rooney Mara) and he can’t get emotionally involved. One day, he meets Samantha, an Operating System first generation, and she seems to be exactly what he’s been looking for. Somebody to talk to. And who wouldn’t like to talk to Scarlett Johansson’s sexy voice? That “relationship” is pleasant, fun, physically unattached, and wide open. You would think the perfect one. But, like in any relationships, it gets complicated… An absolute must watch movie with brilliant actors and amazing performance of Joaquin Phoenix. You get so intimate with the main characters that you don’t even realize that Samantha is an actual computer anymore. She’s real. So real…

(Obsession) la bouche d’Adèle

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Ces derniers temps, les médias parlaient en boucle de la Palme d’or 2013. Avant même sa sortie, le film annonçait déjà la polémique non pas par son contenu mais par les soi-disant méthodes de travail pas très éthiques du réalisateur. Actrices poussées à bout, des scènes tournées et retournées à répétition jusqu’à épuisement en quête de perfection, de possession et d’abandon total à leur rôle. Un dur travail donc récompensé par la Palme d’or du Festival de Cannes triplement décernés. « Un beau travail d’équipe » dira Kechiche lors de la conférence de presse qui succéda à la joie et aux larmes des trois héros montés sur scène pour récupérer le fruit de leur labeur. Mais la suite nous dira que Kechiche et Sedoux sont passés de l’amour à la haine en l’espace de quelques mois de promotion du film. Elle lui reproche sa dureté, lui son immaturité et ses caprices d’actrice « fille de ». La Palme est donc bafouée tout juste avant sa sortie ce qui heureusement, ne m’a coupé l’envie d’aller le voir. Je me suis donc postée, jour officiel, devant la salle pouvant accueillir 300 personnes qui d’ailleurs m’a semblé être pleine. Et j’ai attendu le début du film avec une certaine hâte et surtout beaucoup de curiosité. 3h après… j’en suis ressortie chamboulée. 3h de gros plan, de séduction, de larmes, de déchirements, de passion mais surtout 3h d’Adèle, de son corps voluptueux et de sa BOUCHE pulpeuse à souhait. On en oublie presque que c’est normalement Léa Sedoux le canon des couvertures de magasine. Adèle est donc au lycée, cette fameuse période de notre vie de doutes où l’on se cherche. Après une expérience ratée avec un garçon, elle croise le regard d’une fille à la chevelure bleue et se met à fantasmer sur cette créature. Et à la chercher dans les bars gay. Jusqu’à ce qu’un soir, la rencontre. Celle qui va changer sa vie. Mais pas sa vision des choses. Car Adèle vient d’un milieu populaire et n’aspire « que » à être institutrice. Un manque d’ambition selon Emma, étudiante en 4ème année aux Beaux-Arts dont l’homosexualité n’est absolument pas un tabou dans sa famille issue de milieu aisé. Ce clivage social se fera ressentir tout au long du film et sera en partie le déclencheur de la séparation. Les actrices nous séduisent à coup de sourires mais aussi de grosses larmes. Leur regard est intense et leur amour passionnel. Elles nous font partager, un peu forcé, leurs moments de plaisir charnel et leurs orgasmes multiples. Les corps s’entremêlent et ne font plus qu’un. Des rafles de plaisir, des soupirs, du plaisir encore, ça ne s’arrête plus. Ça gêne un peu mais c’est sensuel. Mais quand même dans un coin de notre tête on se demande comment elles sont parvenues à tourner une scène pareille ! Natures sensibles s’abstenir. Ce n’est pas un film tout public, loin de là. Deux femmes très agaçantes assises à coté de moi ont pouffé de rires nerveux tout le long et ont juste lâché un “c’est nul” au générique ce qui m’a donné envie de leur arracher les yeux. Il faut y aller sans appréhension et l’esprit ouvert et se laisser porter par l’intensité et l’authenticité du jeu des actrices surdouées, Léa et Adèle.

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